
Autour de la Méditerranée
Les loukoumades grecs, petites boules frites nappées de miel, les sfenj du Maghreb ou les zeppole italiennes : autant de beignets de fête, dorés et généreux.
Le guide gourmand · I Love Donuts
de l’olykoek néerlandais à notre comptoir des Olives…
D’où vient vraiment le donut ? Qui a percé ce fameux trou ? Et pourquoi ce beignet rond est-il devenu une icône ? Petit voyage dans l’histoire du donut, des cuisines d’Europe jusqu’aux comptoirs américains — et jusqu’au nôtre, à Marseille.

L’essentiel en 4 lignes
Le donut descend des beignets frits d’Europe, et surtout de l’olykoek néerlandais importé en Amérique au XVIIᵉ siècle. Son nom vient de l’anglais « doughnut » (noix de pâte). Le fameux trou serait né vers 1847 d’une astuce de cuisson attribuée au capitaine Hanson Gregory. Devenu icône américaine, le donut compte des cousins partout dans le monde — et se réinvente aujourd’hui en version artisanale, faite minute.
Le point de départ
Chercher l’origine du donut, c’est remonter une très longue histoire de pâte frite dans la graisse. Bien avant qu’il n’ait un trou, un glaçage ou une boîte en carton, le donut n’était qu’une variante de plus dans la grande famille des beignets — ces boules de pâte sucrée que l’on plonge dans l’huile bouillante. Presque toutes les cultures en ont inventé une : c’est l’une des façons les plus anciennes et les plus universelles de transformer un peu de farine en gourmandise.
Le donut tel qu’on le connaît aujourd’hui n’est donc pas sorti de nulle part. Il est le résultat de plusieurs siècles de croisements : des recettes européennes emportées par des migrants, des adaptations locales, des trouvailles techniques et, plus tard, une formidable machine à fabriquer du mythe qu’a été l’Amérique du XXᵉ siècle. Comprendre son origine, c’est suivre ce fil, d’un continent à l’autre.
Dans ce guide, on remonte le temps sans se prendre au sérieux : le sens du mot, les ancêtres, la légende du trou, la conquête américaine, l’industrialisation, puis le tour du monde des cousins du donut. De quoi regarder votre prochain donut d’un œil un peu différent — et, on l’espère, encore plus gourmand.

Une question de vocabulaire
Le mot anglais d’origine est « doughnut », formé de dough (la pâte) et nut (la noix). Littéralement, une « noix de pâte ». Le nom fait sens quand on sait qu’aux débuts, ces beignets ressemblaient à de petites boules dorées de la taille d’une noix, sans trou. On les appelait parfois aussi « dough nuts » dans les livres de cuisine du début du XIXᵉ siècle.
L’orthographe raccourcie « donut » est plus tardive. Elle s’impose aux États-Unis au XXᵉ siècle, portée par les enseignes et la publicité, qui préfèrent un mot plus court, plus moderne et plus facile à imprimer sur une devanture. Aujourd’hui, « donut » et « doughnut » coexistent : la première graphie domine dans l’usage courant et à l’international, la seconde reste la forme « classique ».
Un détail amusant : en français, on hésite encore entre les deux, et beaucoup emploient tout simplement le mot « beignet ». Or donut et beignet ne sont pas tout à fait synonymes — et le beignet dans tout ça, on en parle plus bas.
Avant l’Amérique
L’ancêtre le plus souvent cité est l’olykoek, littéralement le « gâteau à l’huile » des Néerlandais. Il s’agissait de boules de pâte levée, frites dans du saindoux, parfois fourrées de fruits ou de fruits secs au centre — précisément parce que le cœur, plus difficile à cuire, se prêtait mal à la pâte nature. Quand les colons néerlandais s’installent en Amérique du Nord, à la Nouvelle-Amsterdam (le futur New York), ils emportent cette recette dans leurs bagages.
Mais les Néerlandais ne sont pas seuls. Toute l’Europe a ses beignets frits : les Krapfen germaniques et autrichiens, les beignets de carnaval, les pâtes frites de fêtes religieuses… Cette tradition, souvent liée au Mardi gras — dernier jour avant le Carême, où l’on écoulait le gras et les œufs — a nourri l’imaginaire du beignet bien avant qu’il ne traverse l’Atlantique.
Autrement dit, le donut n’a pas un ancêtre unique mais toute une famille européenne. Ce qui va faire sa singularité, ce n’est pas la friture — universelle — mais la forme qu’il prendra une fois arrivé en Amérique.

Le mystère du milieu
C’est le détail qui distingue le donut de tous les autres beignets : ce trou parfaitement rond en son centre. La légende la plus célèbre l’attribue à un jeune marin américain, Hanson Gregory, autour de 1847. Adolescent embarqué sur un navire, il aurait été agacé par un problème récurrent : les beignets doraient bien sur les bords mais restaient crus et pâteux au cœur. Sa solution : percer le centre avant la cuisson.
L’astuce, folklore ou pas, tient techniquement debout. Le trou apporte plusieurs bénéfices concrets :
D’autres versions circulent — le trou fait pour enfiler les beignets sur un piquet, ou une invention purement pratique de boulangers. Peu importe, au fond : ce que l’histoire retient, c’est que le trou est devenu la signature du donut. Au point que les chutes de pâte découpées au centre ont donné naissance à un produit à part entière, les fameux « donut holes », ces petites bouchées rondes.
De la recette à l’icône
Si le donut naît en Europe, il devient américain. Au XIXᵉ siècle, il s’installe durablement dans les cuisines des États-Unis, porté par les vagues d’immigration et par une culture de la douceur bon marché, réconfortante et facile à emporter. Mais c’est un épisode précis qui va sceller son statut de symbole national.
Pendant la Première Guerre mondiale, des volontaires de la Salvation Army — restées célèbres sous le surnom de « Doughnut Lassies » — distribuent des beignets frits aux soldats américains sur le front, en France. Le geste marque durablement les esprits : le donut devient le goût du pays, du réconfort et de la maison. De cet épisode naîtra plus tard le National Doughnut Day, célébré le premier vendredi de juin.
Après-guerre, le donut s’ancre dans le quotidien : café du matin, pauses, commissariats et diners de bord de route. Il devient un objet culturel autant qu’une gourmandise — un statut qu’aucun autre beignet n’a vraiment atteint.

La machine et la chaîne
Le grand tournant est technique. Dans les années 1920, un immigré du nom d’Adolph Levitt met au point à New York une machine automatique capable de former et de frire les donuts en série, sous les yeux des passants. Le spectacle de la fabrication en vitrine devient une attraction, et la production explose : le donut passe de la cuisine artisanale à l’échelle industrielle.
À partir de là, tout s’accélère : naissance des grandes chaînes, standardisation des recettes, glaçages colorés, vitrines pleines de donuts identiques alignés. Le donut devient un produit de masse, disponible partout, à toute heure. Voici quelques repères pour situer cette histoire :
| Époque | Étape | Ce qui change |
|---|---|---|
| XVIIᵉ siècle | Olykoek néerlandais | Le beignet arrive en Amérique |
| Vers 1847 | La légende du trou | Le donut prend sa forme d’anneau |
| 1914-1918 | Doughnut Lassies | Le donut devient symbole national |
| Années 1920 | La machine d’A. Levitt | Passage à la production de masse |
| XXᵉ-XXIᵉ s. | Chaînes & artisans | Standardisation, puis retour du fait maison |
Ce mouvement d’industrialisation a rendu le donut universel — mais il a aussi appauvri l’expérience : un donut préparé des heures à l’avance, figé sous une cloche, n’a plus grand-chose de la gourmandise chaude et fondante des origines. C’est précisément ce constat qui a nourri, ces dernières années, le retour de l’artisanal et du fait minute.
Ne pas confondre
Puisqu’on parle d’origine, il faut lever une confusion fréquente. En français, on emploie souvent « beignet » pour désigner un donut, mais les deux ne se recouvrent pas exactement. Le beignet est un terme générique : toute pâte frite, avec ou sans trou, ronde ou carrée, nature ou fourrée. Le donut, lui, désigne une forme précise venue d’Amérique : le plus souvent un anneau, à base de pâte levée ou de pâte à cake, glacé et décoré.
La distinction tient aussi à la texture et au glaçage. Un donut à l’américaine mise sur le moelleux, le glaçage brillant et les toppings ; un beignet français traditionnel — bugne, pet-de-nonne, beignet de carnaval — joue plutôt sur la légèreté, le sucre glace ou une garniture cachée. Ce sont des cousins, issus de la même grande famille, mais avec des personnalités bien distinctes.
On a d’ailleurs consacré un article entier à ce match de famille : si le sujet vous intrigue, lisez notre comparatif sur la différence entre donut et beignet. Vous ne regarderez plus jamais votre assiette du carnaval de la même façon.
Une famille planétaire
Le donut a des parents et des cousins sur tous les continents. Presque chaque culture a inventé sa pâte frite sucrée, avec ses parfums et ses rituels propres. En voici un petit échantillon, qui rappelle à quel point l’idée du beignet est universelle :

Les loukoumades grecs, petites boules frites nappées de miel, les sfenj du Maghreb ou les zeppole italiennes : autant de beignets de fête, dorés et généreux.

Le Berliner allemand fourré à la confiture, le sufganiyot d’Israël célébré à Hanoucca, ou les malasadas portugaises : le beignet levé sans trou, partout décliné.
Cette diversité rappelle une chose simple : le donut n’a pas été « inventé » d’un coup par une seule personne. Il est le fruit d’un métissage, d’allers-retours entre traditions, d’adaptations locales. Son génie, c’est d’avoir synthétisé tout cela en une forme simple, reconnaissable et infiniment déclinable.
Bien plus qu’une gourmandise
Peu d’aliments sont devenus des symboles à part entière. Le donut, si. Sa silhouette d’anneau glacé, généralement rose et parsemé de vermicelles multicolores, est immédiatement reconnaissable dans le monde entier — sur une enseigne, un dessin animé, un t-shirt ou une émoji.
On l’associe au petit-déjeuner américain, aux séries et aux dessins animés, à un certain amateur jaune qui en raffole, aux vitrines de diners et aux commissariats de cinéma. Le donut est passé du statut de simple beignet à celui d’emblème visuel de la douceur et du plaisir régressif. Sa forme est même devenue un motif de décoration, de bijoux, de coussins…
Cette dimension pop n’est pas anecdotique : elle explique pourquoi le donut se prête si bien à la personnalisation et à la mise en scène — donut walls de mariage, buffets photogéniques, compositions colorées. Un produit qui raconte une histoire et qui, en plus, fait de belles photos : c’est un candidat parfait pour l’artisanat créatif.

Là où l’histoire nous rejoint
Toute cette histoire éclaire ce que nous faisons aujourd’hui aux Olives. Le donut est né artisanal, chaud, imparfait et fait sur le moment. C’est l’industrialisation qui l’a figé en vitrine. Notre parti pris, c’est de renouer avec cet esprit d’origine : aucun donut préparé à l’avance.
Chez nous, chaque donut est nappé, toppé et fourré à la commande, devant vous, en quelques minutes. La brioche est tiède, le glaçage brillant, les textures à leur point. C’est exactement la promesse que la boule dorée de l’olykoek tenait autrefois : une gourmandise fraîche, faite pour être mangée tout de suite.
Et là où l’histoire nous dépasse un peu, c’est sur la personnalisation : nappages, toppings et fourrages se combinent presque à l’infini. On peut composer son donut comme on l’entend — une liberté que les beignets de nos ancêtres n’offraient pas.
Passer de la théorie à la dégustation
Connaître l’origine du donut, c’est bien ; la goûter, c’est mieux. La meilleure façon de comprendre pourquoi ce beignet à trou a conquis le monde, c’est encore d’en croquer un fraîchement préparé, quand la pâte est encore tiède et le glaçage juste posé. C’est toute la différence entre un objet d’histoire et un plaisir vivant.
Vous êtes du côté des Olives, dans le 13013 ? Passez au comptoir 7 j/7 jusqu’à minuit et composez le donut qui vous ressemble. Vous préparez un événement — anniversaire, mariage, baby shower ? Notre offre traiteur sucré met cette gourmandise en scène, donut wall compris. Une question, une envie précise ? Contactez-nous, on en discute avec plaisir.
Le donut a mis plusieurs siècles à arriver jusqu’à Marseille. La bonne nouvelle : chez nous, il n’a plus qu’à faire quelques minutes de plus pour arriver jusqu’à vous.
Les questions qu’on nous pose
Le donut descend des beignets frits d’Europe, et notamment de l’olykoek (« gâteau à l’huile ») que les colons néerlandais ont apporté en Amérique du Nord au XVIIᵉ siècle. Ce beignet rond et dense, frit dans la graisse, s’est transformé au fil des décennies pour devenir le donut moderne — plus aéré, glacé et, surtout, percé d’un trou au milieu.
Le mot vient de l’anglais « doughnut », littéralement « noix de pâte » (dough = pâte, nut = noix). Il désignait à l’origine de petites boules de pâte frite de la taille d’une noix. L’orthographe raccourcie « donut » s’est popularisée au XXᵉ siècle aux États-Unis, portée par les chaînes et la publicité, et c’est elle qui domine aujourd’hui dans le monde.
La légende la plus tenace attribue le trou à un capitaine américain, Hanson Gregory, vers 1847. Adolescent embarqué sur un navire, il aurait percé le centre des beignets pour régler un problème de cuisson : le cœur restait cru pendant que les bords doraient. Le trou augmente la surface en contact avec l’huile et garantit une cuisson homogène. L’histoire est en partie folklorique, mais elle explique bien l’intérêt technique du trou.
Pour une raison d’abord pratique : sans trou, le centre d’une boule de pâte épaisse cuit mal et reste pâteux. Le trou fait cuire le donut de manière régulière et plus rapide. Il facilite aussi le glaçage et le transport, et il est devenu la signature visuelle du produit — au point que certains donuts « fourrés », eux, n’ont pas de trou du tout.
Les deux, en quelque sorte. Ses racines sont européennes — beignets néerlandais, allemands, et toute la famille des pâtes frites du Vieux Continent — mais sa forme moderne, son trou, sa culture de la chaîne et sa place dans l’imaginaire collectif sont profondément américaines. Le donut est un produit d’immigration : une recette européenne devenue icône aux États-Unis.
Le beignet, lui, est très ancien en France (bugnes, pets-de-nonne, beignets de carnaval). Le donut « à l’américaine », avec son trou et son glaçage, s’est surtout diffusé à partir de la fin du XXᵉ siècle via la culture pop, les chaînes internationales et, plus récemment, les boutiques artisanales spécialisées comme la nôtre à Marseille.
Le National Doughnut Day est célébré aux États-Unis le premier vendredi de juin. Il rend hommage aux « Doughnut Lassies », ces volontaires de la Salvation Army qui distribuaient des beignets aux soldats américains sur le front, pendant la Première Guerre mondiale. C’est de cet épisode que vient l’attachement quasi patriotique des Américains au donut.
Pour aller plus loin
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